mardi 13 juillet 2010

Rajasthan

A 6h, je n'ai pas entendu mon réveil sonner, ou je me suis rendormi. Serais-je un peu fatigué? Toujours est-il qu'à 9h je quitte l'hôtel. Un autorickshaw me propose d'aller à Amber Fort, à 11 km de Jaipur. 300 roupies? Hmm 200? Ok... Il m'emmène, me ramène à Jaipur, me raconte sur le chemin l'histoire de quelques monuments et s'arrête pour que je prenne quelques photos. Amber est une ville abandonnée, son fort est somptueux. Des éléphants y montent quelques visiteurs. Le guide du routard explique ceci à ce propos : "C'est pas banal, mais on ne le recommande pas vraiment, car les éléphants sont de grosses bébêtes imprévisibles, et l'un d'eux, excédé par ce travail de force, a piétiné deux touristes voici quelques années. En plus, ils ne sont pas très bien traités, ce n'est donc pas la peine de cautionner cette pratique. Rideau!"


Au retour, on aperçoit le Jal Mahal, demeure secondaire du maharaja située au milieu d'un lac ; le chauffeur, Amad, m'explique que c'est ici que le suzerain s'occupe de ses nombreuses "femmes", ce dernier est selon lui un homme "fort".


De retour à Jaipur, je passe devant le City Palace, toujours occupé par le maharaja et sa famille. De nombreux rickshaws, qui ne supportent pas de voir des touristes marcher, me proposent, en me suivant sur plusieurs mètres, de m'amener quelque part. Un d'entre eux, voyant mon guide du routard, me dit qu'il connait un de ses rédacteurs, André Poncelet, et me le montre sur la photo au dos du livre. Il m'apporte alors une sorte de livre d'or dans lequel ce fameux André a écrit une excellente critique ; le monde est petit.

Dans la rue, les sourires, contrairement à Delhi, fleurissent. On m'invite, par trois fois, à boire le thé (chaï en hindi). Je rencontre des jeunes de mon âge, deux femmes accompagnées de trois belles petites filles, un homme et son neveu qui d'ailleurs m'invitent au temple demain matin, ils vont y prier. Ils me conduisent dans un restaurant "pure-vegetarian" sur Mirza Ismail Road. Deux jeunes me proposent, autour d'un thé, d'entrer dans leur "company". En ramenant des bijoux de Jaipur en France, ils m'assurent qu'en une semaine je pourrai facilement gagner 6 ou 7000 euros. Je n'y crois pas trop, je lis plus tard dans mon guide qu'il faut se méfier de ce genre d'offres (délits frauduleux sur les cartes de paiement, majoration de la valeur desdits objets, moyens d'approche particulièrement pervers, "on joue avant tout sur un rapport d'amitié et de confiance souvent patiemment et habilement construit") Bon, ils étaient quand même sympa.


Je lis dans le journal local que l'on a glissé sous ma porte (DNA -Daily News & Analysis) que l'état du Rajasthan est plus pauvre que les pays d'Afrique les plus appauvris. Le dernier mot de l'article : "Worrying" (inquiétant...). Jaipur, plus de 3 millions d'habitants et surnommée "la ville rose" quoique plutôt orangée, est la capitale du Rajasthan.

lundi 12 juillet 2010

En direct(ion) de Jaipur - जयपुर

Après un périlleux parcours en taxi et deux heures d'attente à la gare d'Old Delhi, je grimpe enfin dans un train à destination de Jaipur. Départ comme prévu à 11h40, arrivée peu avant 18h00... Autant vous dire que les 308 kilomètres de voies ferrées séparant les deux villes ont été parcourus lentement, très lentement!


Je suis souvent dévisagé, à la gare, dans le train, partout où je m'arrête quelques minutes. Beaucoup de passants me regardent, continuent un peu leur chemin et se retournent brusquement, il faut croire que là bas je suis une sorte d'extra-terrestre...
Sur une couchette en hauteur, je peux sans être trop remarqué regarder les indiens aller et venir, manger et dormir. Ceux de mon wagon (3ème classe) font partie des plus aisés, quelques hommes sont enturbannés, les femmes portent des robes soyeuses et colorées. Peu sont ceux qui ne m'adressent pas un bref regard, le visage souriant et l'air curieux.

Bien sûr ce train accueille également les plus pauvres, dans les wagons "SLEEPER CLASS" (ou General Class) à l'avant du train. Ici pas besoin de réserver, y sont donc entassés des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants. Un d'entre eux, âgé de 8 ans à peine, parcourt les nombreuses voitures, et pousse, à quatre pattes, les détritus qu'il a trouvé puis les jette à l'extérieur (les portes du train sont ouvertes en permanence) A la clé, quelques roupies...

A Jaipur, peu après ma sortie du train, un jeune homme me propose de m'emmener à mon hôtel (Anuraag Villa). 20 roupies? J'accepte. Il me demande si je suis français, me dit que j'en ai l'air... (bien vu!). Il a un ami français à Paris, une petite copine à Toulouse, connaît Bordeaux et Lyon, me demande combien j'ai de petites amies...

Le soir je vais au Chit Chat ; sol en terre battue, plats épicés, pepsis périmés... Un parfait repas indien.


Jaipur paraît beaucoup plus calme que Delhi, les klaxons se font plus rares, on s'y sent beaucoup moins oppressé. Il y fait plus chaud mais l'air est moins humide, j'ai l'impression de respirer à peu près normalement. Dans le jardin de l'hôtel, un enfant veut me faire une démonstration de danse, il me dit que Michael Jackson est son idole... Je réserve ça pour demain ; le centre de Jaipur et Amber sont aussi au programme.

Scènes de rue - Delhi

dimanche 11 juillet 2010

Portraits indiens

 



 


 

Old Delhi - दिल्ली


Ce matin, je pars du côté de Old Delhi dans le but de visiter le Fort Rouge. Je suis moins abordé qu'hier (peut-être que les Indiens m'ont adopté...) mais ici les odeurs, la pauvreté et le bruit sont plus présents que n'importe où ailleurs. Le guide du routard résume bien la situation : « Le contraste avec New Delhi est frappant et la séparation entre les deux villes très nette. Ici, on est vraiment en Inde. Foule compacte, rues étroites et tumultueuses... Vous vous sentirez peut-être un peu oppressé. Mais, peu à peu, vous apprécierez cette ambiance de souk avec ses bousculades, ses bruits et ses odeurs.»
 

La rue indienne est toujours animée, même à 7h du matin (et oui, je suis un lève-tôt!)
Old Delhi semble être le musée vivant de la culture indienne. La foule est telle que l'on se demande où vivent tous ces gens, de nombreuses familles habitent traditionnellement les havelis du vieux Delhi, beaucoup dorment dans les rues. J'y vois de nombreuses vaches blanches, sacrées oui, sacrément maigres. L'odeur est parfois dure à supporter dans ces rues bondées et surchauffées alors que dire lorsque l'on passe près de la « déchetterie ». Estimons nous heureux que cette dernière existe.






Le quartier est réputé pour sa cuisine végétarienne. Cependant je n'ai pas encore l'estomac assez bien accroché pour goûter ses spécialités.

Le Fort Rouge est à voir, j'ai accepté l'offre d'un guide qui m'a fait la visite, dans un anglais incompréhensible et pour seulement 100 roupies. J'imagine que c'est le prix de l'accent indien...


Un petit point météo : maximum prévu à 41°C, 63% d'humidité. Que du bonheur!

samedi 10 juillet 2010

Jour J !

Je ne réalise pas encore, je suis à Delhi! Indemne...
L'avion, un Boeing 777 où l'on mange déjà épicé à souhait, et aux hôtesses parées de belles robes rouge et noir, le front orné du "bindi" (troisième oeil) est accueilli par une grosse averse mais se pose sans encombre. Mes premières bouffées d'air indien sont particulières tant il fait chaud et humide ici mais ceci n'est rien comparé aux premières secondes à l'extérieur de l'aéroport, à l'air "libre"...

Bien installé à l'hôtel Cottage Yes Please (quartier de Pahar Ganj) et mes premières roupies en poche, je pars me promener, perdre quelques kilos, heu... prendre quelques photos.


C'est sur la route de l'aéroport vers mon premier hôtel que je découvre l'Inde, 16 kilomètres au cours desquels tout paraît si différent. Dans l'aéroport, une allée bordée d'une centaine de chauffeurs de taxi. Pour la première fois, pas un mais de très nombreux regards sont rivés sur les nouveaux arrivants et moi-même ;  c'est un moment assez oppressant durant lequel je cherche sans trop d'espoir, mais non en vain, un panonceau à mon nom parmi tant d'autres. Par chance, un homme, un Indien je crois, m'attend. C'est un de ces collègues qui me conduira à bon port. 
A l'extérieur de l'aéroport, je respire une odeur que je ne peux pas décrire ; elle est partout. Je dirais que ça sent... l'Inde. La chaleur et l'humidité s'ajoutant, on ne peut pas dire que le moment soit agréable mais j'ai le sourire. Peu agréable soit-il, ce moment est inoubliable.

C'est là que commence, calmement d'abord, la symphonie du klaxon, ou devrais-je dire cacophonie ; les Indiens l'utilise pour prévenir parfois d'un danger de mort imminent, mais le plus souvent pour signifier à celui de devant, d'en face, d'à-côté qu'on arrive à toute berzingue et qu'il faut se pousser, et vite! Après s'être retrouvés nez à nez avec un bus de police à contre-sens (si si!) et avoir frôlé quelques voitures (et la mort...), la route se dégage.

Alors, la misère se dévoile. Sur de larges bordures de terre, de nombreux abris de fortune sont construits, aperçu désolant de ce que sont les bidonvilles. Des familles entières vivent ici, sur le bord de ce qui ressemble à une autoroute. Le peu de vêtements qu'elles possèdent est étendu sous une chaleur humide, une mère lave son enfant près d'une bassine d'eau, un garçon nu défèque sur la route, des hommes brassent des pelles de terre poussiéreuse, et participent ainsi, en échange d'une poignée de roupies, à quelques travaux d'aménagement. Et ces flaques d'eau sombres, frais témoignage de la mousson, complètent ce décor de misère, où les déchets ne se remarquent qu'à peine ; ici c'est la pauvreté des ces hommes et de ces femmes qui choque, ce sentiment d'impuissance qui prédomine.


J'ai été, comme je m'y attendais, énormément sollicité ou accosté pendant mes quelques heures de marche d'aujourd'hui (je crois que je fais encore un peu trop touriste). Les mêmes questions reviennent toujours, et si parfois ce sont de petits Indiens curieux qui ne veulent pas d'argent et me disent qu'ils sont sur le chemin de leur travail ou de leur domicile, il s'agit le plus souvent de rabatteurs qui veulent vous emmener dans un office pour touristes, et non un office du tourisme, où ils touchent de petites commissions.
Ce matin, j'ai accepté de suivre deux de ceux là, le premier m'a guidé vers plusieurs "collègues" dans un bureau à l'écart de la Connaught Place où ils m'ont donné un beau plan de la ville et offert le Thé (j'étais parti avant qu'il ne soit servi, peut-être vaut-il mieux) Le second m'a gentiment conduit dans un immense magasin  où l'on pouvait je pense trouver toutes les sortes de souvenirs possibles et imaginables, du Taj Mahal peint sur de la soie, aux éléphants en bois sculptés, en passant par ces fameux tapis et tissus du Cachemire. Ai-je craqué devant l'insistance croissante des vendeurs et vendeuses? Possible, toujours est-il que beaucoup d'entre eux connaissent quelques mots en Français, ça fait toujours plaisir...
A propos des deux photos :
La première présente la rue principale du quartier où je vais dormir 2 nuits : le bouillonnant Pahar Ganj. Un passant m'a expliqué qu'il y avait beaucoup de travaux dans cette rue en particulier parce que Delhi accueille bientôt les Common Wealth Games (2010) ; les bâtiments paraissent plus en ruine qu'en reconstruction mais je me suis bien gardé de le lui dire...

Ici vers midi rien ne vaut une petite balade en autorickshaw (véhicule tricycle à propulsion mécanique). Pour 50 roupies on peut se rendre compte du sang froid des Indiens au volant, entendre pour la première fois 200 klaxons à l'unisson, causer quelques frayeurs aux piétons rêveurs, et prendre cette photo.

Bon j'y retourne! Delhi est immense, j'ai compris tout à l'heure que marcher y était souvent une perte de temps.

mercredi 7 juillet 2010

J-3!

Le 10 juillet, dans 3 petits jours, j'atterrirai sur le sol indien. Retour prévu le 22 décembre !
A travers ce blog, j'essaierai de vous décrire et vous faire partager ce que je vis, ce que je vois là-bas.
 Voici les premières villes que je visiterai : Delhi, les 10 et 11 juillet. Jaipur, les 12 et 13 juillet. Ajmer et Pushkar, les 14 et 15 juillet. Puis Agra, les 16, 17 et 18 juillet. Roorkee est la ville où se trouve mon université.